LA GESTION DE L'EAU

 

État des lieux

 

Ressources en eau

 

Sur l'ensemble de la planète, la quantité d'eau est estimée à 1 400 millions de km3 (environ 400 fois le volume de la Méditerranée). Une quantité d'eau qui n'a pas augmenté depuis son apparition sur Terre, il y a environ 3,4 milliards d'années.


L'eau salée représente 97,2% de l'eau sur Terre. L'eau douce représente un peu moins de 3% du total ; soit 39,2 millions de km3. Le volume d'eau douce présente sous forme de lacs, de cours d'eau (fleuves, rivières) et de nappes souterraines où l'homme peut puiser n'est plus, au final, que de 14 millions de km3, car il faut ôter l'eau immobilisée dans les glaces des pôles.

 

Les prélèvements d'eau annuels s'établissent à environ 41 milliards de m3.

 

Disposer d'eau potable, 24 heures sur 24, à domicile, c'est un confort auquel les Français et les Européens se sont si bien habitués qu'ils n'ont pas toujours conscience d'habiter une région privilégiée de la planète. Sur les 5 milliards de m3 d'eau qui alimentent nos bâtiments chaque année, 150 millions de m3 sont utilisés pour la boisson.

 

Eaux usées

 

Chaque Français utilise en moyenne 150 litres d'eau par jour... dont la quasi-totalité est ensuite rejetée : ce sont les eaux usées domestiques. Ces eaux usées domestiques regroupent les eaux "ménagères" (eaux de cuisine et de salle de bains) et les eaux "vannes" (WC).

Les eaux "ménagères", qui représentent les deux tiers du total des eaux usées domestiques, contiennent, notamment, des graisses, des savons et détergents, des matières en suspension et des matières dissoutes organiques ou minérales.


Au total, on évalue la pollution journalière produite par une personne utilisant de 150 à 200 litres d'eau à :
- 70 à 90 g de matières en suspension
- 60 à 70 g de matières organiques
- 15 à 17 g de matières azotées
- 4 g de phosphore
- plusieurs milliards de germes pour 100 ml.
A cela il faut ajouter les eaux usées rejetées (effluents) par les installations collectives, telles que les hôpitaux, les écoles, les commerces, les hôtels et restaurants, etc.


Les enjeux actuels de l'assainissement sont donc tout à fait déterminants pour la sauvegarde de nos ressources en eau et de notre environnement.

Il ne faut pas confondre le traitement des eaux, qui a pour fonction de les transformer en eau potable, et l'assainissement des eaux usées rejetées par le consommateur après utilisation.


L'assainissement des eaux usées a pour objectif de collecter puis d'épurer les eaux usées avant de les rejeter dans le milieu naturel, afin de les débarrasser de la pollution dont elles sont chargées.


 

Gestion et qualité de l'eau

 

On peut distinguer trois grands types d'usages de l'eau dans les bâtiments :

 

- la consommation humaine, pour boire et préparer les aliments, qui nécessite une eau potable. 

- l'entretien corporel, le lavage du linge et de la vaisselle et le nettoyage des pièces techniques, qui nécessitent une eau sanitaire (non agressive pour la peau et non pathogène). 

- l'évacuation des excréments, l'arrosage, le lavage des véhicules, etc. qui ne nécessite qu'une eau à stockage inerte.

 

En France, nous utilisons de l'eau potable pour ces trois usages !...Il faut savoir que la chasse d'eau utilise non seulement de l'eau potable mais qu'elle en utilise neuf litres pour les modèles courant et entre trois à six litres pour les modèles économes.

 

Or, sur une année, une personne qui ne remplirait pas plus qu'un bidon de 200 litres avec ses excréments, utilisera entre 12 000 et 18 000 litres d'eau potable pour les évacuer. cela fait une moyenne de 15 000 litres, ce qui correspond au besoin vital en eau potable d'une personne pendant presque 14 ans.

 

 

Gestion de l'eau et récupération  

 

La récupération et le stockage des eaux de pluies n'ont que des vertus. Ces actions permettent d'une part d'économiser l'eau potable et de limiter les pollutions des eaux superficielles lors des épisodes orageux.

La hausse actuelle du prix de l'eau rend cette pratique de plus en plus attractive mais exige de prévoir dès la conception, un réseau interne séparé du réseau public. Ainsi, la maison pourrait être alimentée par un double réseau, l'un en eau potable et l'autre en eau courante.

 

Contrairement aux pays d'Europe du Nord, très peu d'opérations ont été réalisées en France, où la mise en place d'un système permettant l'utilisation des eaux pluviales est soumise à l'autorisation de la Direction des Affaires Sanitaires et Sociales

 

 

Gestion de l'eau et assainissement

 

L'assainissement des eaux usées est devenu un impératif pour nos sociétés modernes. En effet, le développement des activités humaines s'accompagne inévitablement d'une production croissante de rejets polluants.

 

Les ressources en eau ne sont pas inépuisables. Leur dégradation, sous l'effet des rejets d'eaux polluées, peut non seulement détériorer gravement l'environnement, mais aussi entraîner des risques de pénurie.

 

La France dispose de ressources en eau suffisantes pour satisfaire nos besoins en quantité. C'est dans la détérioration de leur qualité que réside le risque.

 

Trop polluées, nos réserves d'eau pourraient ne plus être utilisables pour produire de l'eau potable, sinon à des coûts très élevés, du fait de la sophistication et de la complexité des techniques à mettre en œuvre pour en restaurer la qualité.

 

C'est pourquoi il faut "nettoyer" les eaux usées pour limiter le plus possible la pollution de nos réserves en eau : rivières, lacs et nappes souterraines.

 

Le grand chantier de l'après- guerre a consisté à mettre l'eau potable à la disposition de tous. Le grand défi contemporain est celui de l'assainissement.

D'ici à la fin de 2005, dans toutes les agglomérations de plus de 2 000 habitants, les eaux usées rejetées par les utilisateurs devront être traitées dans des stations d'épuration.

 

Tout le monde est concerné, puisque même ceux qui ne dépendront pas d'un réseau d'assainissement collectif devront disposer d'un système d'assainissement autonome. 

 

Systèmes d'épuration naturels

 

En ce qui concerne les systèmes d'épuration naturels et accessibles, il existe deux possibilités à envisager :

 

- le lagunage dont les bassins de faible profondeur occupent une grande surface et ne contiennent que des microphytes, c'est -à-dire des plantes de petites tailles, comme les algues par exemple,

- le filtre planté de roseaux ou lagune à macrophytes car elle se compose de plusieurs lits de substrats minéraux (graviers, sable) plantés de roseaux.

 

Économiquement, le lagunage n'a pas nécessairement comme avantage son coût d'installation. Par contre, il devient avantageux lors de sa gestion, même s'il nécessite un suivi rigoureux.

Son avantage majeur consiste en l'élimination des germes pathogènes et de risque d'eutrophisation. De plus, ce système participe à l'amélioration du cadre de vie en augmentant la biodiversité : oiseau, batraciens...

 

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